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Culture et histoire de Saint-Martin

Amérindiens, conquistadors, Français et Hollandais, planteurs et esclaves affranchis : en quelques siècles, cette petite île a vu passer toute l’histoire des Caraïbes. Elle en a gardé deux pays, une langue partagée, une cuisine de rue et un sens de la fête qui lui valent son surnom, The Friendly Island.

Mis à jour en octobre 2026

Les remparts du fort Louis et le drapeau français au-dessus de Marigot, dans la lumière du soir

Les grandes dates

De Soualiga à Sint Maarten et Saint-Martin : l’histoire de l’île en quelques étapes.

Avant les Européens

Avant 1493

Soualiga et Oualichi

Les premiers habitants sont des Amérindiens venus d’Amérique du Sud en remontant l’arc des Antilles : des peuples arawaks, puis les Kalinagos, que les Européens appelleront Caraïbes. On leur attribue les deux anciens noms de l’île : Soualiga, « la terre du sel », et Oualichi.

Le temps des colonies

1493

Un nom venu d’un saint

Selon la tradition, Christophe Colomb aperçoit l’île lors de son deuxième voyage, un 11 novembre, jour de la Saint-Martin, et lui donne le nom du saint. Les historiens en discutent encore, mais le nom est resté.

1631

Le sel attire les Hollandais

Les Hollandais s’installent pour récolter le sel des étangs, précieux en Europe pour conserver le poisson et la viande. Ils bâtissent le fort Amsterdam sur la pointe qui sépare Great Bay de Little Bay.

1633

Quinze ans d’occupation espagnole

Les Espagnols s’emparent de l’île. En 1644, Peter Stuyvesant, futur gouverneur de La Nouvelle-Amsterdam (l’actuelle New York), tente de la reprendre : il échoue et y perd une jambe.

1648

Le traité de Concordia

Les Espagnols partis, Français et Hollandais signent le traité de Concordia le 23 mars 1648 et se partagent l’île. La légende raconte que la frontière fut tracée par deux marcheurs partis dos à dos : le Français, au vin, serait allé plus loin que le Hollandais, au genièvre. Le côté français mesure aujourd’hui environ 53 km², le côté hollandais 34 km².

1648 à 1817

Une frontière qui bouge

Au gré des guerres européennes, l’île change plusieurs fois de mains, Anglais compris. Le partage actuel n’est fixé qu’au début du XIXe siècle.

1789

Le fort Louis

Sur ordre de Louis XVI, le gouverneur Jean-Sébastien de Durat fait construire le fort Louis au-dessus de Marigot, pour protéger les entrepôts du port des pirates et des Anglais d’Anguilla.

XVIIIe et XIXe siècles

Canne, coton et sel

Les plantations de canne à sucre et de coton, et les salines de Philipsburg, reposent sur le travail d’Africains réduits en esclavage. À Rockland Estate, le musée Emilio Wilson raconte cette histoire sur le domaine d’une ancienne plantation.

Les bâtiments de pierre de l’ancienne plantation de Rockland Estate
Les bâtiments de pierre de l’ancienne plantation de Rockland Estate

1848 et 1863

Deux abolitions

L’esclavage est aboli côté français en 1848. Côté hollandais, il faut attendre le 1er juillet 1863 : entre-temps, des esclaves du sud fuient vers le nord pour y être libres. Les deux dates sont aujourd’hui fériées, le 28 mai côté français et le 1er juillet, Emancipation Day, côté hollandais.

L’île moderne

1942

La piste de l’aéroport

L’armée américaine construit une piste pour la chasse aux sous-marins. Devenue l’aéroport Princess Juliana, elle ouvre l’île au tourisme et fait la célébrité de Maho Beach.

Un avion de ligne au-dessus de Maho Beach, au bout de la piste
Un avion de ligne au-dessus de Maho Beach, au bout de la piste

1948

Trois siècles d’entente

Pour les 300 ans du traité, un obélisque est élevé sur la route entre Marigot et Philipsburg. Il marque toujours la frontière, sans barrière ni douane.

2007 et 2010

Deux nouveaux statuts

En 2007, Saint-Martin quitte la Guadeloupe pour devenir une collectivité d’outre-mer. Le 10 octobre 2010, Sint Maarten devient un pays autonome au sein du Royaume des Pays-Bas.

2017

Irma

Le 6 septembre 2017, l’ouragan Irma, de catégorie 5, frappe l’île de plein fouet. La reconstruction a pris des années ; quelques lieux, comme la ferme aux papillons du Galion, n’ont jamais rouvert.

Le calendrier des fêtes

Les grands rendez-vous de l’année. Les dates exactes changent d’une année à l’autre : vérifiez-les dans l’agenda.

  • Février ou mars

    Carnaval. Côté français, défilés à Marigot jusqu’au Mardi gras, dont la date dépend de Pâques.

  • Mars

    Heineken Regatta. La grande régate de l’île, à Simpson Bay.

  • Avril

    Carnaval de St. Maarten. Plusieurs semaines de fête à Philipsburg, avec ses défilés et son J’ouvert à l’aube.

    King’s Day. Le 27 avril, fête du roi côté hollandais.

  • Mai

    Abolition de l’esclavage. Le 28 mai, jour férié côté français.

  • Juillet

    Emancipation Day. Le 1er juillet, jour férié côté hollandais.

    Fête nationale. Le 14 juillet, côté français.

  • Septembre

    Journées du patrimoine. Visites et animations, côté français.

  • Novembre

    Saint-Martin Day. Le 11 novembre, fête de l’île et de l’amitié entre les deux pays, fériée des deux côtés.

    Festival de la Gastronomie. Ateliers, dégustations et animations autour de la cuisine locale.

L’île aujourd’hui

Deux pays, mais une même culture créole, faite de toutes les Caraïbes.

Les langues

Le français et le néerlandais sont les langues officielles, mais l’anglais est parlé partout, dans une version locale chantante. Avec plus de 120 nationalités, on entend aussi l’espagnol, le créole haïtien ou le papiamento. Un « good morning » en entrant dans une boutique est toujours bien reçu.

La table

La cuisine de rue se goûte dans les lolos de Grand Case : poulet, ribs, poisson grillé, fricassée de lambis et johnny cakes. On trinque au Guavaberry, la liqueur de l’île, et l’on vient en novembre pour le Festival de la Gastronomie.

La musique et la fête

Calypso, soca et steel band rythment les carnavals des deux côtés. Le reste de l’année, la musique live se retrouve dans les bars de Grand Case, de Simpson Bay et de Marigot.

The Friendly Island

Le surnom de l’île tient à l’accueil de ses habitants et à la cohabitation paisible de deux pays sans frontière visible. Au musée Emilio Wilson, à Rockland Estate, l’histoire de l’île aide à comprendre d’où vient cet esprit.

Les lieux d’histoire

Pour toucher l’histoire du doigt, d’un fort à un marché.

Le fort Louis · Marigot

Le fort Louis

Remparts de 1789 et vue sur la baie, après 91 marches. Gratuit. Le guide de Marigot.

Le Great Salt Pond · Philipsburg

Le Great Salt Pond

Le grand étang salé derrière la ville, où l’on a récolté le sel pendant des siècles. On le voit le mieux depuis les hauteurs. Le guide de Philipsburg.

Front Street et le musée · Philipsburg

Front Street et le musée

La rue historique de la capitale hollandaise et le musée Sint Maarten, qui retrace l’histoire de l’île. Le guide de Philipsburg.

Rockland Estate · Sur les hauteurs de Sentry Hill

Rockland Estate

Une ancienne plantation, le musée Emilio Wilson sur l’esclavage, et le restaurant Emilio’s dans les bâtiments de pierre. Rainforest Adventures.

Le marché de Marigot · Marigot

Le marché de Marigot

La culture vivante : épices, fruits, rhums arrangés et artisanat, surtout le mercredi et le samedi matin. Le guide de Marigot.

Les lolos de Grand Case · Grand Case

Les lolos de Grand Case

La cuisine de rue de l’île, autour du barbecue, à quelques mètres de la plage. Le guide de Grand Case.

À voir aussi

  • Le fort Amsterdam, plus ancien fort hollandais de l’île (1631) : ses ruines dominent la pointe entre Great Bay et Little Bay.
  • L’obélisque de la frontière, élevé en 1948 sur la route entre Marigot et Philipsburg, avec les deux drapeaux.
  • L’Amuseum Naturalis, à Quartier d’Orléans : musée de plein air gratuit sur la nature et le patrimoine.

Le petit lexique

Les mots que vous entendrez sur l’île.

Soualiga
Ancien nom amérindien de l’île, « la terre du sel ».
Oualichi
Autre nom amérindien de l’île, repris aujourd’hui par des commerces et des marques locales.
Concordia
Le traité de 1648 qui partage l’île, et le quartier de Marigot qui porte son nom.
Lolo
Petit restaurant en plein air de cuisine locale, autour d’un grand barbecue.
Johnny cake
Petit pain frit, l’accompagnement de tous les repas créoles.
Lambi
Le gros coquillage des Antilles (conch en anglais), servi en fricassée ou en beignets.
Guavaberry
La liqueur de l’île, à base de rhum et de petites baies sauvages des collines.
J’ouvert
Le défilé du carnaval qui commence à l’aube, en musique, dans les rues de Philipsburg.

Questions fréquentes

Pourquoi Saint-Martin est-elle partagée entre deux pays ?

Après le départ des Espagnols, Français et Hollandais se sont partagé l’île par le traité de Concordia, signé le 23 mars 1648. Le côté français fait partie de la France, le côté hollandais est un pays du Royaume des Pays-Bas. On passe librement de l’un à l’autre.

Qui étaient les premiers habitants de l’île ?

Des Amérindiens venus d’Amérique du Sud : des peuples arawaks, puis les Kalinagos. On leur attribue les noms de Soualiga, « la terre du sel », et Oualichi.

Quelle langue parle-t-on à Saint-Martin ?

Le français côté français, le néerlandais et l’anglais côté hollandais. Dans les faits, l’anglais est parlé partout, et l’on entend aussi l’espagnol, le créole haïtien et le papiamento.

Quand a lieu le carnaval ?

Côté français, avant le Carême, jusqu’au Mardi gras (février ou mars). Côté hollandais, le carnaval de St. Maarten dure plusieurs semaines à Philipsburg, au printemps. Les dates changent chaque année : consultez l’agenda du site.

Qu’est-ce que le Saint-Martin Day ?

Le 11 novembre, jour de la Saint-Martin, l’île célèbre son nom et l’amitié entre ses deux pays. C’est un jour férié des deux côtés.

Pourquoi l’appelle-t-on The Friendly Island ?

Pour l’accueil de ses habitants et la cohabitation paisible de deux pays sans frontière visible depuis plus de trois siècles et demi.

À lire aussi

Dates historiques : traité de Concordia (1648), décret d’abolition de 1848, abolition néerlandaise du 1er juillet 1863, statuts de 2007 et 2010. Informations réunies en octobre 2026.